© JONATHAN WIJAYARATNE

"C’est électrique!" s’extasie Serpico Collins, influenceur londonien de 33 ans qui, comme de nombreux Britanniques, est spécialement venu arpenter les rues bondées de Paris pour assister à la Fête de la musique, sans que la canicule ne le décourage.
Lui et son groupe d’amis figurent parmi les plus de deux millions de personnes venues dans la capitale française pour la "Fete", comme ils l’appellent, avec un nombre de réservations venant de l’étranger en légère hausse par rapport à 2025, selon la mairie de Paris.
Dans le 11e arrondissement (est), un groupe d’Anglais se forme autour du trentenaire. Le mercure avoisine les 40°C mais cela n'empêche pas la foule de se presser devant les bars où DJs et groupes de musique live provoquent déhanchés et cris de joie contagieux.
L'interdiction de l'alcool, "ça ne fait que donner encore plus envie"
La solution au soleil de plomb de fin d'après-midi? Une bataille franco-anglaise au pistolet à eau qui permet à tous les participants de se rafraîchir.
"La chaleur est intense", reconnaît Serpico Collins, casquette camouflage et pantalon large en velours côtelé vert olive. "Mais l’énergie des gens, ça me permet de continuer" à faire la fête, ajoute-il.
Et de braver certains interdits aussi, visiblement, pour beaucoup.
Les autorités ont en effet banni la consommation d’alcool sur l'espace public dans les départements placés sous canicule rouge comme Paris. "Mais ça ne fait que donner encore plus envie aux gens" de boire, estime le Londonien Kelvin Ayivor, 28 ans, flasque de rhum martiniquais à la main, avant de rejoindre ses amis et de crier en répétant à l’envi "wesh!", terme de l’argot français qui s’est exporté via l'Eurostar après l’édition 2025 de la "Fete".
"Je rencontre l'amour de ma vie"
Car, si les Londoniens sont venus autant en force cette année encore, c’est en grande partie grâce aux échanges culturels -musicaux notamment- qu’occasionne l'événement annuel.
Devant un bar au pied de l’église Saint-Vincent-de-Paul, dans le 10e arrondissement (centre), Olivia Abando, 28 ans, venue elle aussi de Londres, organise avec quatre collectifs un événement franco-britannique mêlant DJs et rappeurs des deux côtés de la Manche.
Elle a bien "vu les commentaires" de Français sur les réseaux sociaux disant "ne venez pas, il y a trop de Londoniens qui viennent en France, mais du moment que tu respectes l’échange de cultures et que tu le fais comme il se doit, tu te sens le bienvenu", juge l’Anglaise.
Particulièrement à l'aise dans la "capitale de l'amour", Samaan Ahmed, une Londonienne de 30 ans, se réjouit, elle, d'avoir échangé, en moins de deux jours, "beaucoup de baisers" avec des Parisiens. "A chaque coin de rue, je rencontre l’amour de ma vie, et peu importe si je le perds de vue... J’en croise un autre!".

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